Le mot « IA » sur votre landing page : trois questions que je pose à chaque phrase

« Propulsé par l'IA » ne fait plus vendre en B2B. Trois questions pour tester chaque promesse IA de votre site, et quoi écrire à la place. D'après ma tribune JDN.

Le 16 octobre, le Journal du Net a publié ma neuvième tribune, sur le mot « IA » qui ne fonctionne plus en marketing B2B. Dans la tribune, je pose le constat avec les chiffres et les affaires judiciaires. Ici, je le résume en deux paragraphes et je montre plus en détail comment vérifier votre propre site.

Dès 2024, des chercheurs de la Washington State University ont montré à des participants des descriptions de produits identiques, qui ne différaient que par la mention de l’intelligence artificielle : là où elle apparaissait, l’intention d’achat baissait. En avril 2026, Emplifi a demandé à plus de 1 600 personnes aux États-Unis et au Royaume-Uni à quels formats de contenu elles font confiance : 31 % font confiance au contenu produit par l’IA, 63 % aux avis clients. En B2B, selon Forrester, quand un achat inclut de l’IA générative, le groupe qui décide double à peu près, et 28 % des acheteurs disent qu’une information inexacte fournie par l’IA les a rendus moins sûrs de leur choix.

Et l’« IA » creuse commence à coûter cher. En mars 2024, la SEC a infligé 400 000 dollars d’amendes à deux sociétés de conseil en investissement pour des affirmations sur l’IA qu’elles n’ont pas pu prouver. En mai 2026, Apple a accepté de verser 250 millions de dollars pour clore une action collective d’acheteurs d’iPhone, à qui l’on avait vendu des téléphones sur la promesse de fonctions IA de Siri qui n’existaient pas au moment de l’achat (l’entreprise ne reconnaît pas de faute).

Passons à la vérification. J’ouvre le site, je cherche dans la page « IA », « intelligence artificielle », « neuronal », « AI », et je fais passer chaque phrase trouvée par trois questions.

Qu’obtient le client ? Si la réponse honnête est « rien, nous utilisons l’IA, c’est tout », la phrase est vide. « Analyse de vos ventes par IA » devient « un rapport sur chaque demande, tous les matins ». Et si l’IA rend vraiment le travail plus rapide ou moins cher, j’écris de combien, en heures ou en euros. La technologie peut figurer plus bas, pour ceux qui veulent savoir comment ça marche.

Qui répond quand la machine se trompe ? En B2B, c’est la principale peur, et ce qui la lève, ce n’est pas la description d’un algorithme, c’est une personne : le nom, la photo et le téléphone de celui qui vérifie le résultat. Plus l’erreur coûte cher à l’acheteur, plus cette information doit être haut dans la page.

Qu’est-ce qui le prouve ? « L’IA réduit les délais » : de combien, et sur quel projet ? Rien à montrer, la phrase part. Il y a deux ans, personne ne l’aurait remarquée. Aujourd’hui, les clients la remarquent, et les régulateurs aussi.

Ce qui compte pour le client, c’est le prix, le délai et qui répond du résultat, pas l’outil avec lequel le travail a été fait. Avec l’IA, c’est la même histoire qu’avec le cloud, que les sites mettaient en avant il y a quinze ans et que plus personne ne mentionne.

La tribune complète, avec les sources, est sur le Journal du Net.

Et vous, avez-vous retiré « IA » de vos textes ? Je suis curieux de savoir ce que ça a changé pour vos demandes.


Source de l’information : ma tribune sur le Journal du Net, « Le mot IA ne fait plus vendre. Comment parler à vos clients B2B quand la hype retombe », 16 octobre 2026.

Sources des chiffres :

  • Washington State University, communiqué du 30 juillet 2024 (Journal of Hospitality Marketing & Management) : la mention de l’IA fait baisser l’intention d’achat.
  • Emplifi, étude sur la confiance dans les contenus, États-Unis et Royaume-Uni, 1 650 répondants, 27 avril 2026.
  • Forrester, State of Business Buying 2026, via Digital Commerce 360, 22 janvier 2026.
  • SEC, communiqué 2024-36 du 18 mars 2024.
  • MacRumors, 5 mai 2026, et AppleInsider, 24 juillet 2026 : l’accord d’Apple.

Questions fréquentes

Faut-il retirer le mot IA de mon site ?
Pas forcément. Retirez les phrases derrière lesquelles il n'y a ni résultat pour le client ni preuve. Si l'IA rend le travail plus rapide ou moins cher, dites de combien, en heures ou en euros, et mentionnez la technologie plus bas dans la page.
Qu'est-ce que l'AI washing ?
Des affirmations sur l'usage de l'IA qu'une entreprise ne peut pas prouver. Aux États-Unis, c'est déjà sanctionné : en mars 2024, la SEC a infligé 400 000 dollars d'amendes à deux sociétés de conseil en investissement.
Comment vérifier rapidement ma landing page ?
Cherchez dans la page « IA », « intelligence artificielle », « neuronal », « AI », et pour chaque phrase répondez à trois questions : qu'obtient le client, qui est responsable si la machine se trompe, et qu'est-ce qui le prouve. Réécrivez ou retirez les phrases sans réponse.